Description du projet
Le centre commercial Alderwood est localisé à Lynnwood, une banlieue de Seattle avec une population d’environ 40 000 personnes. La majorité des résidents habitent dans des maisons unifamiliales. Ce centre commercial est âgé de 41 ans. Suite à la fermeture du Sears l’an dernier, les propriétaires ont décidé de développer un nouveau « village » qui combine à la fois des logements et des espaces commerciaux. Le design du complexe mise sur un « village » qui serait marchable, avec les services et commerces à proximité des 300 nouvelles unités de logement. Les développeurs maintiennent 90 000 pi2 pour un usage commercial.

La transformation en logements d’une partie de l’Alderwood Mall, vieux de 41 ans, à l’extérieur de Seattle.
Source: https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-06-30/a-case-for-turning-empty-malls-into-housing?srnd=citylab-housing
Ville/Pays
Lynnwood, États-Unis.
Acteurs impliqués dans le projet
Promoteurs privés.
Municipalités.
Éléments d’innovation
Pourquoi est-ce innovant?
Selon une étude, et particulièrement dans le contexte de la Covid-19, 50% des magasins de grandes surfaces aux États-Unis seront fermés de façon permanente en 2021. En convertissant ces centres commerciaux en espaces d’usages mixtes, l’ajout de logements permettrait d’alimenter les commerces, entre autres. En outre, selon l’article de Bloomberg, la pandémie participe à accélérer cette tendance de conversion d’usages. De plus, avec une pénurie de logements à Seattle, l’ajout de nouveaux logements serait nécessaire aux besoins et bien-être des résidents. Finalement, ce projet s’inscrit également dans une approche TOD (Transit Oriented Developement) qui favorise la densification autour de stations de transport collectif structurant. Une station du Sound Transit Extension Phase 2, un projet de tramway, est prévue en proximité d’Alderwood en 2024.
Pourquoi est-ce pertinent pour Montréal?
Les centres commerciaux, la majorité construite dans les années 60s, atteignent actuellement leur durée de vie utile. La pandémie est susceptible d’accélérer des tendances déjà observées, telles que la transformation du commerce de détail vers l’achat en ligne. Plusieurs centres commerciaux se retrouvent avec des locaux vacants. De plus, les grandes superficies dédiées au stationnement perpétuent un usage qui va à l’encontre des objectifs de développement durable. Ces superficies ont un potentiel de redéveloppement conséquent, surtout dans une ville où les terrains disponibles pour les nouvelles constructions sont rares. Or, avec la pandémie, les centres commerciaux seront probablement de plus en plus affectés par cette tendance. Leurs propriétaires font ainsi face à un dilemme : réinvestir pour maintenir l’usage commercial ou investir pour transformer les espaces en usages mixtes. La conversion de certains centres commerciaux en usages mixtes en proximité de station transport ou de pôles de services pourrait être bénéfique pour plusieurs secteurs de Montréal.
Quel est le potentiel de transférabilité?
Les projets de construction d’une telle ampleur sont très complexes. De plus, leur succès dépend, entre autres, des conditions spécifiques de la localisation (propriétaires, municipalités, commerces avec ententes de location, type de transport collectif, etc.). Le potentiel de transférabilité serait ainsi déterminé au cas par cas. Cela dit, on retrouve un nombre important de centres commerciaux dans l’agglomération montréalaise, ce qui rend de telles perspectives hautement pertinentes.
Enjeux et perspectives
Accessibilité aux logements
Selon l’article de Bloomberg, même si d’un point de vue technique la conversion d’usages est simple, la transformation peut être coûteuse. Dans plusieurs projets comme Alderwood, les logements construits sont des copropriétés, puisque les promoteurs privés peuvent plus facilement rentabiliser leurs investissements avec ce produit immobilier. Par contre, ce type de logements peut être inaccessible ou difficilement envisageable pour les personnes à faible revenu et certaines familles plus nombreuses. Afin d’assurer une vraie mixité, l’ajout de logements abordables et sociaux devrait être considéré. Avec les nouvelles dispositions de la Loi 122, les municipalités peuvent maintenant mieux s’outiller avec des règlements qui exigent des promoteurs privés l’inclusion de logements abordables et sociaux.
Dans un contexte où la pandémie met en évidence l’importance d’un logement adéquat et salubre, la construction de nouveaux logements qui comble les besoins en logement pour tous les résidents de Montréal est pertinente. De plus, une implication stratégique des municipalités pourrait venir appuyer ce type de projets avec une combinaison de densité résidentielle et de services ou équipements clés tels que des écoles, des bibliothèques et des infrastructures publiques.
Sources
Auteur de la fiche
Chantelle L’Heureux