Présentation générale

La COVID-19 est arrivée dans nos vies et nos villes rapidement, brusquement. Le confinement a alors été une solution rapide et drastique, en mars 2020 à Montréal et au Québec, pour tenter de limiter l’ampleur de la pandémie. La situation d’ici ne fait pas exception, la pandémie s’était déjà diffusée en Asie et en Europe, avant de rejoindre l’Amérique du Nord et du Sud durant l’été 2020. C’est au mois de juin 2020 qu’un déconfinement débute à Montréal, suivant les rythmes d’autres pays ailleurs dans le monde, avec notamment des questions, des essais, des erreurs, mais également plusieurs innovations d’intérêt pour les disciplines de l’aménagement.

Priorisation de la mobilité douce sur la rue Bellechasse, Montréal. 
Crédit: Adil Boukind, Le Devoir.

Ce déconfinement s’effectue dans une perspective de relance de l’économie en arrêt forcé, mais de manière à garantir la sécurité et la santé des populations. Ce processus de confinement et de déconfinement amène, entre autres, des remises en question de certains aspects de nos villes vulnérables à la diffusion de maladies infectieuses, des bâtiments résidentiels aux commerces, des restaurants aux écoles, en passant par d’autres lieux d’activités comme ceux de travail et de soins, ou encore les espaces publics comme les rues et les parcs.

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Méthodologie

La veille de la COVID-19 et l’aménagement urbain vise à identifier et documenter des projets d’aménagement variés et multidisciplinaires. La veille ne vise pas à réaliser un inventaire exhaustif de projets sur des thématiques ou des territoires précis, ni même de les documenter de manière complète. Elle vise plutôt à documenter, dans une perspective internationale, des projets quant à leur contexte, la nature des innovations qu’ils mettent de l’avant ainsi que les enjeux en matière d’aménagement qu’ils pourraient soulever pour le Québec et Montréal en particulier.

  • 1. Identification des initiatives et des projets d’aménagement

    La recherche des projets est réalisée à l’international via l’actualité, les réseaux sociaux, les sites spécialisés en aménagement et parmi les différents contacts sur qui l’Observatoire Ivanhoé Cambridge peut compter. Ces projets concernent les disciplines de l’aménagement représentées au sein de l’Observatoire, soit le design, les design d’intérieur, l’architecture, l’urbanisme et l’architecture de paysage. Les projets peuvent être de simples initiatives, comme l’allongement de la durée d’ouverture d’équipements publics ou l’occupation temporaire des trottoirs par des commerces, ou peuvent constituer des projets plus importants, comme l’aménagement d’équipements et de mobilier urbain, voire la transformation et la reconfiguration des circulations d’un quartier. Dans tous les cas, les initiatives ou les projets urbains doivent être en lien avec la COVID-19.

  • 2. Critères de choix des projets et dimensions documentées

    Les projets choisis l’ont été parce qu’ils doivent amener des dimensions d’innovation dans le domaine de l’aménagement : design, design d’intérieur, architecture, urbanisme, architecture de paysage. En ce sens, les projets doivent permettre, par exemple, de questionner les pratiques actuelles, de proposer de nouvelles modalités relatives à l’aménagement ou d’aller au-delà des cadres réglementaires en place. Les projets ont été listés et documentés avec le croisement de différentes sources, allant du retour d’expériences professionnelles, aux reportages journalistiques ou encore des billets de blogues avec des auteurs identifiables. Les projets sont ensuite classifiés selon qu’ils concernent :

    1. L’adaptation des mobilités urbaines
    2. L’évolution des usages d’espaces
    3. L’adaptation des espaces extérieurs
    4. L’adaptation des espaces intérieurs
    5. Le renforcement de l’accessibilité aux services de santé
    6. Le soutien des communautés fragilisées
    7. La poursuite des activités ou services à distance

  • 3. Montage de la fiche du projet et création de la base de connaissances

    Les projets sont résumés quant à leur contexte et synthétisés au regard de leur plus-value pour l’aménagement. Une classification sommaire permet de repérer rapidement les faits saillants du contexte et de l’environnement physique et fonctionnel du milieu concerné par le projet. Une série d’informations sur les acteurs à l’origine du projet et les différentes parties prenantes permettent, en plus des informations de contexte, de comparer les différentes fiches de projets. Une description du projet est ensuite réalisée avec une courte analyse sur son caractère innovant, sa pertinence pour le Québec et Montréal et sa transférabilité potentielle. La formulation d’enjeux en matière d’aménagement est réalisée en guise de conclusion et de perspectives. La réalisation de fiches projets vise à lister des projets originaux et porteurs pour l’aménagement. Celles-ci sont mises en disponibilité dans un premier temps comme information synthétique et descriptive. Elles seront par la suite disponibles et utilisées à des fins de communication, de recherche, d’enseignement ou pour des projet de l’équipe de l’Observatoire ou toute autre personne qui en fera la demande.

  • Adapter les mobilités urbaines

    Les besoins en mobilité ont changé avec la COVID-19, avec une baisse du trafic automobile et en transport en commun, du fait notamment du travail à domicile mais une hausse des déplacements actifs. Des dispositions peuvent être prises pour adapter ces moyens de déplacement, en améliorant l’offre pour ceux le nécessitant (piétonnisation de rues, aménagement de pistes cyclables, etc.), en tirant parti de certaines opportunités, comme la sous-utilisation de la voirie par les voitures, ou en adaptant le service du transport collectif à la distanciation sociale.

    21 septembre 2020

    Afin de faciliter la distanciation physique et la réouverture de l’économie, la Ville de San Francisco veut implanter un projet afin de limiter le trafic de transit au sein de ses quartiers. Les rues résidentielles deviennent alors disponibles à d’autres utilisateurs, tels que les piétons et les cyclistes.

    17 septembre 2020

    Ce projet vise à harmoniser l’utilisation de la voirie bruxelloise entre piétons, cyclistes et automobilistes. Au lieu d’interdire les rues aux voitures comme plusieurs autres projets le font, ce projet limite leur vitesse à 20 km et donne le droit aux piétons et aux bicyclettes de circuler sur la chaussée.

    1 septembre 2020

    La Corée du Sud a installé dans les rues de sa capitale des abribus aux allures futuristes. Composés d’une caméra thermique ainsi que des lampes à rayons ultraviolets, ces abribus permettent de limiter la propagation du virus. La caméra thermique détecte la température corporelle des individus et permet l’ouverture de la porte seulement si celle-ci est inférieure à 37,5°C. Les lampes à rayons ultraviolets permettent quant à elle à détruire le virus ainsi qu’à rafraîchir ou chauffer l’air.

    6 août 2020

    Description du projet Le projet vise à ouvrir et réserver plus de 40 miles linéaires (environ 64 km linéaires) des rues new-yorkaises aux piétons et aux cyclistes, avec des plans pour augmenter ces zones à 100 miles linéaires (environ 160 km linéaires). Les rues piétonnes / cyclables sont disponibles entre 8h et 20h chaque jour.… Read more »

  • Faire évoluer l’usage des espaces

    La COVID-19, d’une part, entraine la sous-utilisation de certains espaces, voir les rend inutilisables dans leur fonction première. Ils peuvent être réappropriés temporairement pour permettre un usage différent. D’autre part, certains usages ont besoin d’espaces plus nombreux ou plus importants en taille pour permettre la mise en œuvre de la distanciation sociale. Certains espaces peu, ou pas, utilisés peuvent être mis à profit pour les accueillir dans de meilleures conditions.

    30 août 2020

    Durant la pandémie, certains commerces ont pu déployer certaines de leurs activités dans les espaces publics : rues, trottoirs, parcs, stationnements, place de la cathédrale, etc. Plus de 150 commerçants ont participé au programme.

  • Adapter l’aménagement des espaces extérieurs

    Les espaces extérieurs, notamment publics, ne sont pas toujours aménagés pour pouvoir appliquer la distanciation sociale ou pour répondre aux besoins de certains usages ayant évolués du fait de la COVID-19. Ils peuvent être adaptés par l’établissement de nouvelles règles d’utilisation et dans leur aménagement, depuis la délimitation des espaces à l’apport de nouveaux mobiliers urbains, pour prendre en compte ces nouvelles contraintes.

    20 septembre 2020

    L’industrie nocturne et le monde social ont pris un sérieux coup à la suite de la pandémie COVID-19, car les bars, les boîtes de nuit et d’autres lieux dits nocturnes ont été contraints de fermer leurs portes. Le « Plan mondial de relance nocturne » (Global Nighttime Recovery Plan – GNRP) est plutôt un projet d’orientation à grande échelle, fruit d’un effort conjoint, qui vise à proposer et à fournir les meilleures solutions pour rouvrir ces lieux en toute sécurité et aider les économies nocturnes à se rétablir et à fonctionner.

    31 juillet 2020

    Green-Wood Cemetary a été fondé en 1838. Le cimetière a une superficie de 478 acres (193 hectares). Il a été désigné comme un site historique national en 2006. Depuis 1999, le cimetière est sous la gestion du Green-Wood Historic Fund, un organisme charitable à but non-lucratif.

  • Adapter l’aménagement des espaces intérieurs

    Les espaces intérieurs, dans leur configuration antérieure à l’apparition de la COVID-19, permettent difficilement d’appliquer la distanciation sociale. Qu’il s’agisse d’habitations collectives, de commerces, de bureaux, et autres lieux de travail, ou d’équipements publics, il n’est pas possible de les garder fermés le temps que la crise soit passée. Afin de les adapter aux nouvelles contraintes et permettre la poursuite de leur utilisation, des aménagements peuvent y être apportés, comme la délimitation d’axes de circulations, l’espacement entre le mobilier ou la construction de séparations et de protections physiques.

    1 septembre 2020

    Le designer Christophe Gernigon a créé un dispositif de plexiglas servant à limiter les risques de contagion dans les restaurants. Semblable à un gros abat-jour, le Plex’eat est suspendu au plafond et vient entourer individuellement chaque client assis à une table.

    1 septembre 2020

    Cushman & Wakefield, une firme immobilière commerciale, a développé le concept du « 6 Feet Office » afin de permettre un retour au bureau de façon sécuritaire. Avec des signaux visuels au sol et des consignes claires, la distanciation de 6 pieds est facilement respectée.

    6 août 2020

    Description de l’innovation Ashla Systems a développé un système automatique qui désinfecte les ascenseurs avec de la lumière ultraviolette. Des capteurs déclenchent la désinfection lorsque personne n’est dans l’ascenseur. Cette désinfection dure 10 minutes. La désinfection par lumière ultraviolette est une pratique courante dans les hôpitaux, et également dans les processus de désinfection d’eau. Bien… Read more »

  • Renforcer l’accessibilité et la capacité des services de santé

    Les services de santé peuvent nécessiter d’un certain appui dans leurs moyens, notamment au plus fort de la crise de la COVID-19. Il s’agit de renforcer l’accessibilité et la capacité des infrastructures (hôpitaux, cliniques, etc.), en augmentant le nombre des lieux de dépistage ou de traitement. L’offre de service peut aussi être améliorée, avec des innovations sur le transport des malades, l’aménagement et les moyens mis en œuvre pour les soins (design, usages, matériaux utilisés, etc.).

    30 août 2020

    Le Baltimore Health Corps est un programme de la municipalité de Baltimore soutenu par la fondation Rockefeller visant à atténuer les impacts engendrés par la COVID-19 à la fois sur l’économie et la santé publique.

  • Soutenir des communautés fragilisées

    Certaines populations et certains secteurs d’activités ont été fragilisés par les mesures de confinement et de distanciation sociales prises pour lutter contre la propagation de la COVID-19. Il peut s’agir, par exemple, de la perte d’un travail, de l’isolement social et de l’impossibilité d’accéder à des services pour des personnes, ou de la baisse des clientèles physiques et la nécessité d’investir dans des aménagements pour un commerce. Leurs besoins particuliers peuvent être soutenus par un certain nombre de démarches, comme la mise en œuvre de livraison ou de prestations à domicile, la mise à disposition et/ou la gratuité de service dans l’espace public, le soutien financier ou en conseil pour réaliser les aménagements de la distanciation sociale.

    6 août 2020

    Description du projet La ville de New York a créé le programme GetFoodNYC qui facilite l’accès à l’alimentation saine durant la pandémie. Le programme vise la livraison de repas pour les personnes les plus vulnérables qui doivent rester isolées. Cette livraison se fait par les conducteurs de taxis qui sont payés par la ville 53 $… Read more »

  • Poursuivre des activités ou des services à distance

    De nombreuses activités ne peuvent plus être réalisées avec une présence physique des personnes à cause de la distanciation sociale. Si certaines continuent de se réaliser sans trop de difficulté au travers des outils informatiques de communication, d’autres nécessitent une adaptation plus importante des processus et/ou des moyens techniques pour y parvenir avec des solutions innovantes et le plus souvent virtuelles.

  • Évolution dans la gouvernance et l’action publique locale

    Le contexte d’incertitude et la complexité des enjeux issus de la crise de la COVID-19 a pu nécessiter la mise en place de politiques publiques plus rapides, réactives, évolutives, collaboratives, inclusives et/ou transparentes. Les administrations, notamment celles municipales et régionales, peuvent mettre en place de nouveaux mécanismes de gouvernance et faire évoluer les modalités de l’action publique pour faciliter leurs réponses aux problèmes locaux.

    29 octobre 2020

    Ce projet s’inspire d’une solution datant de la dépression qui a été utilisée pour permettre au commerce de se poursuivre dans la ville de Tenino, Washington.

    21 septembre 2020

    La Ville de Saint-Louis a créé une plateforme électronique qui publie les dépenses municipales liées à sa réponse à la pandémie. Cette plateforme est non seulement un outil de prise de décision, mais également un outil de communication utilisé pour informer les citoyens et les parties prenantes.

    17 septembre 2020

    Avec son programme Get Growing Victoria, la Ville de Victoria envisageait contribuer à la pousse de 50 000 à 75 000 semis dans ses serres afin de les donner à ses citoyens durant les mois de mai et juin 2020. Les espèces de semis sont variées, mais toutes sont des légumes ou des fruits indigènes de la région.