Des placottoirs pour sauver les commerces

Contexte
Milieu
Centre-ville
Densité
Forte
Fonction
Commercial
Espace public
Temporalité
Pendant
Acteurs
Initiative
Publique
Privée
Acteur
Municipalité
Entreprise
Type de projet
Discipline
Design
Urbanisme
Intervention
Aménagement

Description du projet

 Source: Instagram @buurmanrotterdam 

Cet été, les exigences du confinement et de la distanciation physique pesaient fort sur les commerces locaux de nombreuses villes dans le monde. En effet, le maintien de la distanciation physique des personnes forçait les restaurateurs à limiter le nombre de tables dans leur établissement, ce qui a eu pour conséquence d’influer négativement sur leur chiffre d’affaires. Pour y remédier, des villes comme Vancouver, Liverpool et Rotterdam ont décidé d’apporter leur aide aux commerçants locaux en leur proposant d’utiliser des zones de l’espace public pour y installer des « placottoirs ».

À Rotterdam, les commerçants pouvaient même demander une terrasse et la faire installer gratuitement jusqu’à la fin de la saison en novembre. En plus de cela, les matériaux, tels que le bois, utilisés pour la construction des placottoirs, proviennent de source locale d’approvisionnement afin d’assurer au maximum la relance de l’économie locale. À Liverpool, la firme d’ingénierie Arup, en collaboration avec la Ville, a réalisé neuf placottoirs aux formes multiples qui s’intègrent facilement dans les quartiers les plus achalandés de la ville. 

Ville/Pays

Vancouver, Liverpool et Rotterdam 

Acteurs impliqués dans le projet

Arup

Villes de Vancouver, Liverpool, Rotterdam  

Éléments d’innovation

Pourquoi est-ce innovant?

Il est clair que le concept des placottoirs existait avant la pandémie de la Covid-19, mais l’innovation ici réside dans la volonté des villes d’offrir ses espaces gratuitement à ses commerçants, soit par le fait de ne pas requérir de permis ou plus directement par le prêt de la structure. L’innovation provient également de la réponse rapide face à la problématique rencontrée par les restaurateurs qui devaient limiter leurs activités. 

Pourquoi est-ce pertinent pour Montréal?

De telles installations sont pertinentes pour Montréal, car la ville fait face, comme la plupart des métropoles, à la même problématique concernant la distanciation physique des personnes dans les restaurants, café ou autres établissements de rencontre. Étant donné que les restaurants ont fermé tout l’hiver 2021, la saison estivale est la période où les commerçants peuvent espérer rouvrir leur établissement et espérer ne pas mettre définitivement la clé sous la porte. 

Quel est le potentiel de transférabilité?

Le potentiel de transférabilité est très élevé puisque la Ville de Montréal a opéré des initiatives similaires l’été passé en proposant des permis de terrasses à seulement 50$. Elle a aussi permis et permettra aux terrasses et placottoirs d’empiéter encore plus sur l’espace public afin de garantir une distanciation physique optimale. 

Enjeux et perspectives

Respect des règles et du mobilier    

Les enjeux entourant les projets de placottoirs sont, entre autres, le non-respect de la distanciation sociale par les utilisateurs ou encore la dégradation des installations lorsque le commerce est fermé pour la nuit, par exemple. Cela appelle, avec des coûts qui pourraient être conséquents, à l’implantation plus ou moins directe de services de gestion et d’opération.  

Statut de l’espace 

Les placottoirs impliquent également des problématiques quant à leur statut dans l’espace urbain. En effet, pour l’exemple de Rotterdam, si la structure est un prêt de la ville, on peut alors se demander à qui appartient la responsabilité en cas de dommages ou de mauvaise utilisation, la ville ou le commerçant ? Si cela se règle par contrat de prêts ou de locations, il serait opportun de prévoir des dispositifs similaires pour la gestion et la surveillance des usages des équipements par les utilisateurs. 

Équité    

L’empiétement de ces installations sur l’espace public soulève également un enjeu en matière d’égalité d’accès, à l’image d’autres projets recensés dans le contexte de la pandémie. Un espace qui était autrefois public et gratuit, peut devenir privé et oblige l’utilisateur à consommer quelque chose pour y avoir accès. Si cela peut s’opérer avec différentes ententes et contrats, la gestion des priorités d’accès est susceptible de poser question. 

Sources

https://popupcity.net/observations/rotterdam-offers-free-parklets-to-help-local-businesses-turn-parking-spots-into-terraces/

https://www.dezeen.com/2020/07/02/arup-liverpool-without-walls-parklets-coronavirus-lockdown-social-distancing/

https://www.vancouverisawesome.com/vancouver-news/city-vancouver-temporary-pop-up-plazas-2431240

Auteur de la fiche

Astrée Denys