Description du projet
Forcée de fermer ses portes afin de respecter les mesures sanitaires, l’entreprise de vente de détail Cost Plus World Market s’est jointe aux consultants de Rightpoint, une entreprise œuvrant dans l’expérience de la clientèle, afin d’ouvrir un magasin virtuel de 360 degrés opérant avec la plateforme Matterport, à temps pour la période des fêtes 2020. Après huit semaines de développement et à l’aide du feedback de ses consommateurs, le magasin virtuel est mis en ligne afin de relier l’expérience d’achats en magasin avec celle d’achats en ligne.

Le magasin virtuel numérise sa marchandise dans un environnement physique générique en ligne, permettant aux consommateurs de naviguer dans les différentes allées pour sélectionner des produits afin de voir leurs descriptions avant de les ajouter à leur panier virtuel. Il est également possible de se connecter avec un casque de réalité virtuelle pour rendre l’expérience encore plus immersive. Le magasin virtuel extérieur vient succéder à celui du temps des fêtes au printemps 2021.
Ville/Pays
États-Unis, Siège social: Alameda, Californie
Acteurs impliqués dans le projet
Cost Plus World Market
Rightpoint
Matterport
Éléments d’innovation
Pourquoi est-ce innovant?
Les mesures sanitaires de la pandémie de la COVID-19 ont résulté en la fermeture temporaire et parfois permanente de plusieurs commerces, les forçant à s’adapter afin de garder leur clientèle. Le concept de magasinage virtuel avait déjà été testé par Ebay en 2016, mais avec une interface plus simple, de type carte mentale et à l’aide d’un casque de réalité virtuelle. Le concept du magasin de Cost Plus World Market est innovant justement parce qu’il offre la reproduction de l’environnement du magasin à travers le navigateur. Ceci peut faciliter et améliorer l’expérience de magasinage du consommateur, tout en augmentant l’accessibilité aux personnes qui ne peuvent pas se déplacer ou qui ont peur de se déplacer et de contracter le virus. Ce tournant virtuel dans le contexte de pandémie permet aussi aux clients de magasiner de manière sécuritaire, sans engorger les magasins.
Pourquoi est-ce pertinent pour Montréal?
Ce concept est pertinent pour Montréal. On assiste à la création d’un nouveau type d’espace, un espace virtuel. Dans une ville de plus en plus dense, où l’économie de l’espace devient de plus en plus pressante, ceci pourrait potentiellement contribuer à la redéfinition ou à la l’amélioration des espaces commerciaux. À titre d’exemple, les « showrooms » tel qu’on les connaît pourraient ne plus avoir leur place. À Montréal, on retrouve encore plusieurs centres commerciaux et commerces qui occupent beaucoup de surface comme les Ikea, les Costco, les Walmart, les concessionnaires de voitures, etc. En prenant un tournant virtuel, la nécessité d’avoir plusieurs succursales sur différents territoires peut être réduite. Ces espaces peuvent alors être réutilisés ou être redéfinis avec d’autres fonctions, le logement par exemple.
Quel est le potentiel de transférabilité?
L’expérience de navigation est comparable au Google Street View que nous connaissons déjà. Les personnes qui ne se sentent pas à l’aise de magasiner en ligne pourraient trouver l’interface beaucoup plus user-friendly et faire le saut. Le potentiel de transférabilité est donc très élevé puisqu’il n’implique pas une consommation directe en matière d’espace et implique peu de nouvelles ressources.
Enjeux et perspectives
Aide ou nuisance pour le commerce local ?
Il existe deux revers de la médaille pour le commerce local. D’un côté, les magasins de grandes surfaces risquent de faire compétition aux commerces locaux plus petits qui n’ont pas les moyens d’ouvrir ce type de magasin virtuel. D’un autre côté, ceux pour qui c’est possible, est-ce que le tournant virtuel ne serait pas justement une façon d’entrer dans la cour des grands ? Gagneraient-ils en visibilité à travers une plateforme virtuelle ? En tant que consommateurs, seraient-ils plus facile ou plus difficile de faire des choix de produits éclairés ?
Environnement générique
Il y a un point important à considérer dans le cas du magasin virtuel de Cost Plus World Market. L’environnement recréé en ligne n’est pas celui d’un magasin spécifique. D’une part, avec un espace virtuel infini, plusieurs possibilités s’ouvrent, comme la personnalisation des espaces. Par exemple, tel que le magasin « Virtual Outdoor Store » est conçu en ce moment, la plupart des meubles extérieurs n’entreraient pas sur un petit balcon montréalais. Toutefois, si l’environnement était adaptable aux différentes typologies de logements, est-ce que cela permettrait de rejoindre une plus grande clientèle ? D’une autre part, la question des espaces virtuels reste tributaire des goûts, des expériences ou des habitudes du consommateur. Si certaines personnes préfèrent magasiner en personne, est-ce que tous les types de produits s’y prêtent bien ? Serait-il plus facile de vendre des meubles et des décors dans un espace virtuel que des vêtements par exemple ?
Accessibilité
Au-delà de souligner le fait que tous n’ont pas accès à Internet ou aux différentes plateformes de paiement en ligne, ce report des activités vers le virtuel pose questions. Il est intéressant de noter que Amazon a procédé à l’inverse. Afin de rejoindre une plus grande clientèle, l’entreprise a créé des magasins pop-up, Amazon 4-star, afin de relier l’expérience virtuelle à celle du magasinage en personne. [https://www.aboutamazon.com/news/retail/introducing-amazon-4-star]
Sources
https://www.worldmarket.com/category/virtualoutdoorstore.do
https://matterport.com/fr/industries/retail
https://mashable.com/2016/05/18/ebay-virtual-reality-shopping/
Auteur de la fiche
Paulina Nowicka