« Open Street Plans » à New York

Contexte
Milieu
Centre-ville
Densité
Forte
Fonction
Espace public
Voirie
Temporalité
Pendant
Acteurs
Initiative
Publique
Acteur
Municipalité
OBNL
Type de projet
Discipline
Urbanisme
Intervention
Aménagement

Description du projet

Le projet vise à ouvrir et réserver plus de 40 miles linéaires (environ 64 km linéaires) des rues new-yorkaises aux piétons et aux cyclistes, avec des plans pour augmenter ces zones à 100 miles linéaires (environ 160 km linéaires). Les rues piétonnes / cyclables sont disponibles entre 8h et 20h chaque jour. Il y a une interdiction au trafic automobile lors de ces heures. Quelques exceptions sont toutefois applicables pour les services d’urgence, les services urbains municipaux ou des livraisons commerciales. S’il faut déplacer une voiture en zone interdite lors des heures « Open Streets », il faut rouler à moins de 5 miles / heure (environ 8 km / heure).

Ville/Pays

New York, NY

Acteurs impliqués dans le projet

Ville de New York

Conseil de la Ville de New York

Département de transport de la Ville de New York (NYCDOT)

Département de police de la Ville de New York (NYPD)

Département des parcs de la Ville de New York (Parks)

Organismes communautaires

Éléments d’innovation

Pourquoi est-ce innovant?

Le projet permet aux piétons et aux cyclistes de récupérer des rues entières dans un contexte de très forte densité urbain et où la voiture et la circulation motorisée sont omniprésentes. Avec les limites d’accès imposées aux voitures sur des rues et avenues relativement vastes, les piétons peuvent sortir et marcher tout en pratiquant la distanciation physique. De plus, le projet permet aux commerces locaux et aux restaurants d’augmenter leurs potentiels de ventes en leur permettant d’agrandir ou de créer des activités sur les trottoirs, voire même dans les rues. Le projet peut contribuer au décongestionnement de la ville fortement marquée par le trafic automobile.

Pourquoi est-ce pertinent pour Montréal?

Sans pouvoir comparer Montréal à la métropole new-yorkaise, la voirie des deux villes partage des caractéristiques communes : rues et avenue relativement larges, sens uniques, trame orthogonale, présence de commerces au rez-de-chaussée sur les segments d’importance, etc. Un projet comme celui de New York permettrait de récupérer l’espace de la voirie et de le réserver aux piétons et aux cyclistes, permettant d’utiliser l’espace à d’autres fins que la circulation motorisée, comme espace public, espace pour les commerces ou nouvelles superficies disponibles à la restauration – celle-ci limitée par les exigences de distanciation physique.

Quel est le potentiel de transférabilité?

Le potentiel de transférabilité à Montréal est relativement haut, notamment pour les secteurs avec une densité résidentielle élevée. Le côté pragmatique des mesures, au niveau de l’aménagement physique et des temporalités d’application, rend le projet relativement simple aux premiers abords.

Enjeux et perspectives

Inégalités d’accès

Une carte interactive est accessible sur le site web du département de transport de la ville de New York. Par contre, ce n’est pas tout le monde qui a accès à l’internet et par conséquent tous n’ont pas accès à cette carte. Il serait pertinent trouver d’autres façons d’avoir accès à cette carte et de rendre disponible l’information sur les rues désignées « Open Streets » et les autres détails de ce projet.

Gestion

Il y a deux enjeux de gestion à considérer. D’abord, il faut gérer la façon dont les rues sont fermées aux voitures et fournir l’information sur des routes alternatives pour ceux qui vont continuer d’utiliser leurs voitures ou qui n’ont aucun choix. Ensuite, pour les rues qui sont converties, il faut gérer comment les entreprises peuvent utiliser l’espace en surplus qui leur est offert : pour les commerces il s’agit de  voir comment utiliser le trottoir pour des ventes, pour les restaurants il s’agit de voir comment avoir des terrasses plus larges et servir de l’alcool dans l’espace public.

Coûts

Il y a deux éléments principaux à prendre en compte pour les coûts. Le premier concerne les coûts d’installation des équipements et de mise en œuvre, tels que les panneaux de signalisation et les barrages routiers, ainsi que les changements qu’il faut apporter à la signalisation sur rue (i.e. peinture au sol). La ville doit également prendre en compte les coûts liés à la perte de revenus provenant des places de stationnement perdues, car elle ne pourra plus percevoir les revenus des vignettes de stationnement, des parcomètres et des contraventions.

Usage de territoire

Le projet donne aux piétons et aux cyclistes beaucoup plus d’espace à utiliser pendant la journée et une partie de la soirée. Il donne également aux entreprises locales de nouvelles possibilités d’utiliser l’espace de la rue pour de diverses utilisations, comme l’extension de leurs terrasses ou d’espace des ventes sur directement le trottoir. Comment alors assurer la gestion et la sécurité de ces nouveaux espaces utilisés informellement et temporairement ?

Entretien

Il y a des changements considérables dans l’entretien des rues avec un flux d’automobiles réduit. Il faut maintenant entretenir les rues et les nouveaux espaces qui seront créés en considérant qu’ils ne sont pas utilisés par des voitures, mais par des piétons et des cyclistes. Comment cela se traduit en termes de fréquence d’entretien pour assurer une bonne qualité pour les utilisateurs ?

Qualité des espaces publics

En plus de promouvoir la mobilité active, ce projet présente un grand potentiel concernant les espaces publics. Il permet de créer des espaces publics entièrement nouveaux relativement vastes, tout en permettant aux gens de garder une certaine distance entre eux (au moins pendant la pandémie). Cet espace est-il également accessible aux personnes à mobilité réduite ou avec handicap comme l’étaient les trottoirs avant la pandémie ?

Transports collectifs

Dans ce projet, il est important de considérer comment modifier les configurations des trajets d’autobus lors de la mise en place des « Open Street Plans ». Le même constat peut également être fait pour les taxis qui voudront accéder aux espaces aux heures réservées aux piétons / cyclistes alors que l’accès est interdit.

Sources

https://montreal.ca/actualites/rues-locales-des-mesures-novatrices-pour-les-pietons-et-les-familles

https://montrealgazette.com/opinion/columnists/allison-hanes-reimagining-the-use-of-public-space-during-pandemic

https://montrealgazette.com/news/local-news/rosemont-has-new-plan-to-try-to-push-traffic-off-of-side-streets/

Auteur de la fiche

Athanasios Boutas