Description du projet

Crédit: Jean Félix Fayolle
Le projet « Paysages Nourriciers » a vu le jour à Nantes en réponse à la pandémie de Covid-19. En effet, en collaboration avec le SEVE et le CCAS, la ville de Nantes et ses 250 jardiniers municipaux ont réussi à produire 25 tonnes de légumes en moins de cinq mois. Avec l’aide des habitants et des bénévoles d’associations, les fruits et légumes des 25 000 m² de terrains cultivés, répartis sur 50 sites de production à travers la ville, ont permis de fournir des légumes frais et locaux à 2 500 foyers nantais fragilisés par la pandémie.

Crédit: Jean Félix Fayolle
Ville/Pays
Nantes, France
Acteurs impliqués dans le projet
Ville de Nantes, le SEVE (Service des Espaces Verts de la Ville de Nantes)
CCAS (Centre Communal d’Action Sociale)
Éléments d’innovation
Pourquoi est-ce innovant?
Ce projet est innovant pour deux raisons principales : son ampleur et sa rapidité d’exécution. L’agriculture urbaine est une pratique que l’on voit apparaître de plus en plus au sein des villes, mais il s’agit la plupart du temps de petits projets à l’échelle très locale. C’est notamment le cas, par exemple, d’un potager installé sur le toit de la compagnie d’assurance Groupama à Lyon. Seulement 300 kilogrammes de légumes ont été produits en 2018 et ils ont tous été vendus, et non pas donnés à la population dans le besoin. Le projet nantais a vu le jour extrêmement vite puisque la période de plantation a commencé le 15 juin et s’est terminée quatre jours plus tard, soit le 19 juin 2020 engendrant quatre mois de récolte (de juillet à octobre 2020).
Pourquoi est-ce pertinent pour Montréal?
Ce projet est pertinent pour Montréal car on y retrouve beaucoup de parcs. Il serait alors possible de remplacer des fleurs par des légumes afin de subvenir aux besoins des Montréalais plongés dans la précarité pendant la COVID-19. En ce sens, un projet similaire et de plus petite envergure s’est réalisé à Montréal au début de la pandémie. En effet, le Jardin botanique a fait le choix de doubler sa production potagère en remplaçant les fleurs du « Jardin des nouveautés » en un potager de 3 000 mètres carrés. Il était également prévu de remettre les récoltes gratuitement à des banques alimentaires de la Ville. Certains horticulteurs du Jardin botanique ont créé des capsules vidéo afin d’instruire la population sur la préparation de leurs semis et l’entretien de leur potager. L’initiative du Jardin botanique s’inscrit dans la résolution du problème d’accès à l’alimentation dans l’est de l’île. L’accroissement de la production potagère permettrait de favoriser l’accès à des aliments sains et frais pour les habitants. La ville de Montréal regorge également d’espaces sous-utilisés qui pourraient être plantés de manière temporaire ou à plus long terme. Ces nouveaux aménagements permettraient de compléter les nombreux projets d’agriculture urbaine et de jardins communautaires à Montréal.
Quel est le potentiel de transférabilité?
Le potentiel de transférabilité est très élevé puisque les conditions météorologiques estivales à Montréal sont propices à la plantation. De plus, le mode de fonctionnement du projet de Nantes est réplicable à Montréal puisque les employés municipaux ainsi que des citoyens bénévoles sont responsables des potagers. Au lieu de planter des fleurs, les jardiniers de la ville pourraient être chargés de semer des légumes dont le prix équivaut à celui des autres végétaux que l’on peut retrouver dans les parcs de la ville.
Réitération du projet
Étant donné la grande réussite de l’opération, la ville de Nantes a décidé de relancer son projet de « Paysages nourriciers » pour une deuxième année consécutive. Comme en 2020, tous les légumes seront distribués aux familles dans le besoin en 2021, mais cette fois-ci le projet comptera moins de potagers urbains, 22 au total, dont 12 directement gérés par les habitants de la ville. Ils seront néanmoins encadrés par un professionnel afin de les aiguiller sur les méthodes de plantation.
Enjeux et perspectives
Vandalisme
Les enjeux d’un tel projet sont le vol de légumes ou la dégradation des potagers. Il est donc important d’effectuer un travail de sensibilisation au respect des potagers. Aussi, une fois la COVID passée, il serait intéressant de répéter ce projet de manière à soutenir les personnes dans la précarité qui ont besoin de ce type d’aide. Enfin, ce projet permet également de transmettre et de conserver dans le temps le savoir-faire de la plantation. Il permet d’instruire la population sur plusieurs pratiques de base, notamment les bons moments pour planter ou comment récolter différentes sortes de fruits et légumes.
Négligence envers d’autres enjeux
Néanmoins, en répondant aux besoins alimentaires d’une partie de la population, on peut négliger d’autres besoins telle l’importance de l’esthétisme des espaces publics ou encore éducatifs, même si les jardiniers municipaux se sont efforcés de transmettre différents types de savoir et de pratiques. Il serait également pertinent de jumeler ce projet à des activités que la ville fait déjà en proposant ou faisant découvrir des fruits et légumes spécifiques à certaines communautés locales.
Manque d’espace et contamination des sols
Certains quartiers de la ville sont confrontés à des enjeux supplémentaires. Si certains disposent de très peu d’espaces vacants pour initier ce type de projets, d’autres doivent faire face à la problématique des sols contaminés rendant la plantation impossible dans certaines zones de la ville. Les espaces vacants ou sous-utilisés ne sont pas nécessairement synonymes d’espaces propices à la culture d’aliments.
Sources
https://www.sraenutrition.fr/wp-content/uploads/2021/02/DIAPO-paysagesnourriciers_bilan.light-1.pdf
https://metropole.nantes.fr/actualites/2020/environnement-nature/paysages-nourriciers
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/766002/est-montreal-alimentation-carence-pauvrete-sante
Auteur de la fiche
Astrée Denys