Description du projet
La Ville de Saint-Louis a créé une plateforme électronique qui publie les dépenses municipales liées à sa réponse à la pandémie. Cette plateforme est non seulement un outil de prise de décision, mais également un outil de communication utilisé pour informer les citoyens et les parties prenantes. Les données sont mises à jour chaque semaine. Lorsque la ville fait des commandes ou signe des contrats, les montants sont inscrits dans une colonne publique des montants engagés. Une fois que la facture est payée, ces montants se retrouvent ensuite dans une colonne dépensée. Les dépenses sont classées par fournisseurs, quantités, catégories et départements. Ces catégories incluent, entre autres : PPE, communication, construction et matériaux. À la dernière mise à jour, le 18 septembre 2020, le total des montants engagés et dépensés était de 15 517 476 dollars américains.

Les différentes dépenses municipales de la Ville de Saint-Louis liées à la pandémie. Source: https://www.stlouis-mo.gov/government/departments/health/communicable-disease/covid-19/data/financial-transparency.cfm
Ville/Pays
Saint-Louis, États-Unis.
Acteurs impliqués dans le projet
Ville de Saint-Louis
Éléments d’innovation
Pourquoi est-ce innovant?
Ce projet permet à la société civile d’accéder à une information habituellement confidentielle ou difficile à retrouver. Un tel outil permet également à la municipalité d’informer rapidement et de façon efficace ses citoyens ou ceux d’autres agglomérations. Cette information est importante pour la prise de décision, mais également pour l’éducation des citoyens et des autres acteurs, notamment les commerçants de détails et du secteur de l’hébergement fortement impactés par le confinement et les mesures de distanciation physique. De plus, il s’agit d’un outil intéressant pour la reddition de compte et l’élaboration des politiques de la relance économique à venir.
Pourquoi est-ce pertinent pour Montréal?
Depuis le début de la pandémie, la Ville de Montréal a engagé plusieurs dépenses telles que l’achat d’équipements de protection et des plexiglas, le paiement des heures supplémentaires de ses employés ou la réquisition de certains hôtels pour de l’hébergement. Par contre, nous ne retrouvons pas la liste publique de ces coûts. Un article de la Presse daté du 28 mai 2020 souligne que deux tableaux présentés aux élus montrent certaines économies, sans toutefois donner beaucoup de détails sur les dépenses. Un outil comme celui de la ville de Saint-Louis permettrait de communiquer les détails des coûts de la pandémie rapidement, efficacement et de manière transparente.
Quel est le potentiel de transférabilité?
Ce projet a un grand potentiel de transférabilité, si l’on considère les faibles coûts associés à la mise en place de cette innovation. Plusieurs villes et régions aux États-Unis ont développé des plateformes comparables.
Enjeux et perspectives
Sources des données
Le visuel de la plateforme est très accessible et facile à comprendre. Par contre, la validité et la légitimité des données pourraient être questionnées. En effet, dans le projet recensé on ne retrouve aucune information concernant les sources de financement ayant permis de payer les coûts affichés. Proviennent-ils des fonds fédéraux, ou plus directement de la municipalité ? Ou alors, ces coûts qu’entraîne la pandémie ont-ils été payés par des coupes budgétaires dans certains services ?
Conséquences politiques
Peu de villes veulent publier leurs dépenses réelles en continu comme dans l’exemple, notamment pour des raisons politiques ou de négociation avec des paliers supérieurs, même si une administration transparente des dépenses est souvent présentée comme une qualité de la gestion municipale. Dans le cas où la Ville de Montréal crée une telle plateforme, quelles seront les conséquences politiques, au sein de la ville ainsi qu’avec ses interactions avec les gouvernements provinciaux et fédéral ? Est-ce que les citoyens demanderaient à la Ville de publier la totalité de leurs dépenses annuelles de cette manière ?
Sources
Auteure de la fiche
Chantelle L’Heureux